Je me suis levée tôt tout en
étant incommodée par une grippe. Mes orteils sont gelés au maximum et pas moyen de les réchauffer d'autant plus que d'être assise pour écrire n'aide pas. Pourtant, je ne peux
pas freiner mon désir d'avancer dans mon projet d'élaboration de mon site. Pas plus tard qu'hier, j'ai été de nouveau confrontée à ma difficulté d'apprentissage : la dyslexie.
Pourtant, hier, mon amie Monique, ma correctrice, m'appelle pour me donner un compte rendu de mes premières corrections. Ouf! Il faut toujours que je reprenne mon souffle et respire doucement pour être en mesure d'entendre ce qu'elle aura à me dire. Elle cherche ses mots, car de toute évidence elle connaît ma sensibilité et la souffrance reliée à cette problématique. D’autant plus délicate, puisque sa fille souffre du même trouble que moi.
Je suis de nouveau confrontée à l’angoisse que me fait vivre cette réalité :
- Est-ce que tu trouves que cela se suit au moins?
- Bien oui! Seulement, je ne sais pas si cela pourra avoir un intérêt pour moi de lire ce genre d’histoire. Je ne sais pas dans quel contexte tu fais cela ?
Je ressens un mouvement de panique qui m’exhorte à mettre ce projet de côté, parce que cela dépasse peut-être mes capacités. Pourtant, cela fait déjà deux mois que je fais des recherches pour trouver un projet qui me passionnera assez pour le transmettre. Hier, je ne savais plus ce que je devais choisir : oser où me retirer de nouveau pour ajouter une autre tentative de réalisation d’un projet pour ensuite le mettre en échec sitôt sans même l’avoir essayé?
Voilà, que mon premier mouvement, ce matin, est de faire des recherches pour vous présenter les conséquences engendrées par cette problématique. Je connais bien quelques personnalités qui ont composé avec leurs troubles tout en réussissant professionnellement dont Janette Bertrand bien connue du public québécois. Pourquoi n’aurais-je pas un succès avec mes écrits? Cela fait déjà un moment que je veux écrire, cela est fortement ressentie de l’intérieur et je remets constamment ce projet aux oubliettes dû à toutes sortes de réflexions de tous et chacun sur ma structure et mon orthographe. J’ai eu honte tout en me jugeant inadéquate à bien des égards. D’un autre côté, certaines personnes trouvent mes écrits touchants. Ce qui fait que je prends le risque de poursuivre mon projet en ne vous cachant pas mon trouble d’apprentissage. Cependant, malgré tout cela, j’utiliserai le service d’une correctrice pour faciliter votre lecture.
La dyslexie est d’abord dépistée à l’école, le premier endroit où nous sommes confrontés à notre problématique. Il faut que de prime abord les parents et l’entourage soient attentifs aux signes de son évolution. À ce moment, les médecins et les enseignants peuvent s’associer dans cette tâche d’aider l’enfant dans sa problématique.
Ce qui ne fut pas mon cas. Ce qui m’a fait choisir une école privée, rendue adulte, pour suivre l’enseignement pour devenir thérapeute parce que l’approche de cette école, qui est humaniste, ne tenait pas compte, au début, de l’importance des lacunes françaises lors des travaux d’écriture.
D’ailleurs, j’avais trop peur de revivre l’impuissance devant les difficultés inhérentes à l’étude et face à mes travaux écrits auxquels j’avais déjà été confrontée lors de l’obtention de mon certificat en intervention psycho-social à l’Université. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir obtenu mon diplôme malgré mes difficultés.
Suite à la compréhension du problème et à l’identification des conséquences vécues antérieurement, j’ai entrepris de persévérer malgré les remarques parfois désobligeantes et l’ignorance des gens face à l’ensemble du vécu relié à cette difficulté. J’ai graduellement amélioré mon français, malgré qu’il soit nécessaire d’être corrigé comme tout projet d’écriture doit l’être.
Selon le Dr Claude Jolicoeur, psychiatre :
La dyslexie est une des principales causes de l'échec scolaire et, plus tard, de l'échec professionnel et même social. Dans bien des cas, les attitudes développées par l'environnement familial, scolaire ou professionnel envers l'enfant sont inadaptées. Ceci entraîne alors chez l'enfant un dégoût pour l'écrit et un désintérêt progressif pour les matières qui demandent un effort de lecture. Dans ces conditions, le langage reste pauvre, le travail se fait lentement et on observe une fatigue et une difficulté à transcrire le contenu de la pensée et à intégrer le discours des autres. Il importe donc de diagnostiquer la dyslexie, de la comprendre et de fournir à l'enfant qui en est atteint les outils nécessaires à son adaptation afin d'alléger sa souffrance.
Il est indispensable que le diagnostic soit fait par un spécialiste, la nature, l'intensité et le contexte des troubles étant très variés. Une fois le diagnostic posé, on commence l'étape des examens qui seront d'autant plus complets et pluridisciplinaires que les troubles sont complexes et sévères.
Dans de bonnes conditions de traitement, d'environnement et de soutien, les troubles dyslexiques et dysorthographiques s'atténuent et peuvent pratiquement disparaître s'ils sont d'intensité légère. Dans les cas sévères, il restera toujours une faiblesse à l'écrit, mais le rendement sera considérablement amélioré et moins handicapant, permettant même l'accès à des études et à des informations intéressantes.
Les troubles d'apprentissage ne sont pas non plus reliés à l'intelligence de l'enfant, mais sont généralement permanents. Ils sont causés par un ensemble de difficultés persistantes dans un ou plusieurs processus nécessaires au développement et à une carence dans le traitement de l'information. Ces troubles se manifestent aux niveaux de:
- L’attention, la mémoire, le raisonnement;
- La coordination, la communication, l'habileté à lire et à écrire;
- La conceptualisation, la sociabilité et la maturité affective.
Voici quelques exemples de troubles diagnostiqués chez des élèves du primaire: l'hyperactivité, la dyslexie, la dysorthographie, le trouble déficitaire de l'attention.
Les élèves ne pourront suivre un programme scolaire régulier et adapté qu'à la condition d'être repérés très
tôt. C'est pourquoi il est important de demander les services auxquels vous avez droit afin d'établir un plan d'intervention personnalisé pour votre
enfant.
Pour l'adolescent TDA/H, il faudra s'appuyer davantage sur un talent propre, afin de mieux nourrir la motivation, au quotidien. Les forces personnelles seront à la base de la motivation, plus que jamais chez d'autres personnes plus dociles qui anticipent facilement les bienfaits à venir. L'individu TDA/H aura besoin d'une gratification à court terme, une réalisation qui amène une satisfaction sensorielle. Souvent c'est dans la sphère des activités manuelles, visuelles, télévisuelles, informatiques que le talent se découvre. Il importe de le favoriser, comme un point d'appui pour accepter les activités plus frustrantes. Saint-Exupéry a pu piloter des avions de ligne commerciale, sans jamais passer de tests de compétence. Il s'arrangeait autrement comme un petit débrouillard. Il parvenait à ses fins, mais à sa façon.
La condition répressive ne peut s'utiliser à long terme, devenant confrontation et lutte morbide, davantage sans prise de conscience d'un TDA/H. Il y a, quelque part, constat d'impuissance et deuil à élaborer, comme dialogue et constance à maintenir, dans une psychologie adaptée. Einstein, Mozart, Picasso n'auraient pu exister sans leur rébellion, leur anti-conformisme, leur insouciance, leur précarité du jeune âge. Pouvait-on ou devait-on modifier leur tempérament intempestif? Et qui pourrait se passer d'eux maintenant tels qu'ils sont devenus? Que faire de mieux sinon canaliser ces énergies diffuses et émergentes vers les talents propres, évitant les écueils de l'autodestruction? Il ne s'agit pas de laisser faire, mais de contenir et de comprendre les sensibilités particulières, les intelligences multiples, les talents cachés qui se dissimulent sous divers masques d'apparat.
Facteur de vulnérabilité
L’hypersensibilité dissimulée
Cet aspect contrecarre aisément les apparences, où dominent contestation, provocation, je-m'en-foutisme. Il y a endurcissement volontaire aux punitions, dans l'insouciance feinte. "Il y a un fantasme de contrôle qu'il faut détruire", disait un intervenant favorisant le contrôle, en référence aux classiques propositions freudiennes de la castration symbolique. C'est vrai que l'arrogance, la critique acerbe des autres, parfois la suffisance impressionnent et vont convaincre qu'il y a là force de caractère, invincibilité, dureté sans faille, intention de détruire ou contrôler. Mais dans l'intimité, cette même personne doute d'elle, recherche l'affection, craint la solitude, et le rejet. Sa vie lui semble vide, sans espoir, oubliant facilement ce qu'elle possède, pour tous ses désirs non comblés. Si alors elle ne reçoit que critiques et remontrances, ou bien elle se rebelle davantage ou s'oriente vers la dépression.
C'est dire que l'approche confrontant, dit structurante, doit s'accompagner d'un soutien adéquat. Elle ne doit non plus se perdre dans ces approches interprétatives qui trop souvent remuent un passé peu significatif ou utile, quand il s'appuie trop sur l'histoire familiale, comme si elle faisait foi de tout, car, généralement, le parent fait plus partie de la solution que du problème, malgré les prétentions de nombreuses théories. Il arrive qu'un parent aussi, souffrant d'un TDA/H jamais diagnostiqué (ce qui est encore la norme) soit jugé comme incompétent et irresponsable, pc il manque d'organisation dans ses affaires. Avant de créer des liens dynamiques entre les personnes, il importe de bien définir leur tempérament propre, seule manière de définir ce qui appartient à l'une ou à l'autre et parfois à l'ensemble du groupe.
De l'enfance à l'ado.
À l'enquête approfondie, l'opposition paraît servir d'alibi au déficit attentionnel, et d'ailleurs y réussit assez bien, puisque trop souvent les professionnels avertis peinent à le reconnaître. L'agitation s'intériorise, et devient plus mentale que physique. L'éparpillement des intérêts demeure. Mais la plus grande maturité de l'intelligence permet de bonnes rationalisations, presque à l'épreuve de toute contestation. Il faudrait vivre sa vie, faire ses choix seuls et au prix de grands risques, parfois de l'intégrité physique, vu l'absence relative de la notion de danger.
L'adolescence sera souvent plus précoce et plus longue chez l'enfant TDA/H, d'une part en conséquence d'une sursimulation neurophysiologique des systèmes hormonaux, et d'autre part d'une maturation affective plus difficile. Ainsi les aventures sexuelles seront marquées d'improvisation, d'impulsivité et de précocité, s'alliant également avec le peu d'inhibition générale des impulsions, comme les séparations douloureuses et fréquentes.
Dr Claude Jolicoeur, psychiatre (source)
Montréal, janvier 2002, ©
Il est indispensable que le diagnostic se fasse le plus tôt possible, de préférence dès la maternelle, afin que soient recensés les signes prédictifs des difficultés pouvant survenir au moment des apprentissages du langage écrit. L’élève doit être suivi étroitement tout au long de son cours primaire afin d’éviter que l’échec s’installe.
Il est vrai que j'ai cheminé depuis les moments pénibles où ma mère essayait de m'accompagner dans l’apprentissage de mes leçons et dans
l’élaboration de mes devoirs journaliers. Cela avec un grand déploiement d’impatience et d’incompréhension.
communauté : Les écorchés vifs












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