Depuis mon retour de mon séjour avec Paul, j’ai peu écrit par manque de temps, mais aussi pour respecter mon rythme intérieur dans ce que j’ai vécu avant, pendant et après ce séjour.
L’attente de connaître davantage mon copain en l’invitant dans un contexte extérieur de notre quotidien dans une auberge telle que le Baluchon, à St-Paulin, me permettait de prendre plaisir à une petite escale dont je n’avais pu bénéficier depuis un bon moment. Je peux vous dire que la table est délicieuse et ce, telle que me l’avait dit toutes les gens qui m’en avaient fait l’éloge. J’ai profité de la piscine ainsi que de l’extérieur en marchant et en découvrant les alentours. Je n’ai pas pu profiter de la glace pour patiner étant donné qu’elle était fondue : dommage!
J’avais bien planifié mon séjour par mon choix de l’endroit. Par contre, j’ai fait abstraction du sentiment de solitude qui m’envahissant avant mon départ, malgré que je sois accompagnée et cela a persisté tout au long de mon séjour ainsi qu’après. Seulement, j’en fessais abstraction, car la solution aurait été l’annulation de ce séjour. Aujourd’hui, j’en suis consciente.
J’étais allée en thérapie peu de temps avant, j’étais envahie par la peur, étonnée de l’ampleur et ne comprenant pas ce qui se passait. Pourtant rien à faire cela était omniprésent; mon thérapeute m’a mentionné le mot « terrorisé ». Allez comprendre! Justement, il n’y avait rien à comprendre.
J’ai tout de même mis en place des éléments me permettant de me protéger de moi-même connaissant mes aspects de vulnérabilité face à la séduction qui pouvait m’amener à une sexualité tout en n’étant pas prête à celle-ci. J’avais préféré prendre deux lits. Mes copines me trouvant bien prudente pour respecter mon rythme, riant et me disant pourquoi pas? Cela fait un bout que tu es seule. Je persistais dans cette voie connaissant ma vulnérabilité qui vient du passé et qui interfère dans mon présent.
Tout dernièrement, mon thérapeute me faisait remarquer que mes forces d’empathie, de compréhension qui devient mes faiblesses dans une relation avec un homme sont ce qui fait que j’ai de la difficulté à trouver l’équilibre et l’épanouissement dans une relation puisque mon écoute devient sans limite. Si je pose une limite, l’autre se sentant privé, vit du mécontentement, ce qui m’amène dans la culpabilité. Je ne suis pas arrivée pour le moment à trouver l’équilibre.
Ce qui fait que, lors de notre dernier contact téléphonique, Paul avait peu de disponibilité lors de nos appels étant dérangé par les voisins, cousins ivres qui arrivent coupant notre communication, etc. J’ai pris le temps de lui écrire par courriel lui faisant part de ce que je vivais intérieurement souhaitant trouver une écoute et une planification pour notre moment de rencontre. Je ne reçois pas de réponse. Je l’appelle lui laissant mes coordonnées au travail. Pas de retour d’appel, ce qui fait que je lui écris un dernier courriel à l’intérieur duquel je lui mentionne mon sentiment de solitude pour ce départ. Je reçois une réponse juste au petit matin peu de temps avant mes derniers préparatifs. Il me fait mention qu’il est arrivé tard suite à une journée de magasinage et qu’il ne fait pas de retour d’appel passé 22 heures. Il me décrit tous ses achats et il ne tient aucunement compte de mon vécu donc aucun mot sur celui-ci.
Pourtant, je ne tiens pas compte de tous les éléments qui perturbent notre futur rencontre, principalement, le sentiment de solitude tout en allant à la rencontre de l’autre. Je suis compréhensive, ce qui fait que je ne ressens pas les émotions sous-jacentes.
Ce qui fait que la seule information que j’ai, c’est qu’il doit aller au garage avant de venir me rejoindre cela par courriel laissant peu de place à un surplus d’information.
Je suis arrivée vers quatorze heures, sachant qu’il n’arriverait pas tôt pour profiter de la journée. Moi, j’avais décidé d’en profiter pour aller patiner. Arrivée sur place, j’apprends qu’il m’est impossible de patiner la rivière étant dégelée. J’en profite pour faire le tour du site principalement pour aller marcher, méditer près de la rivière dans le calme et je m’endors sur un banc. Il est rendu près de 16h15. Là, je suis frustrée d’être dans une situation comme celle-ci. Je me demande à quoi cela va servir de nourrir ma frustration? Pas à grand-chose, puisque, je suis seule aussi bien d’en profiter. Je tombe dans le positif. Je prends la décision d’aller me renseigner à l’accueil pour le coût de la chambre advenant qu’il ne vienne pas et je réserve la table pour le souper. Je retourne en marchant doucement et m’arrête pour observer la rivière.
Je le vois arriver en trombes sur le chemin s’arrêtant à mes côtés. Il ouvre la portière en m’interpellant avec « madame doit être frue en se sentant seule. » Cela se passe tellement vite que je ne suis pas en contact avec ce que ses paroles me fait vivre, car avoir ressentie ce que cela faisait naître, la frustration aurait été ressentie. J’aurai plié bagages devant le manque de considération exprimé sous forme de moquerie. D’autant plus qu’il avait un cadeau sur le banc. Je ne me suis pas permis de ressentir quoi que ce soit, de peur de passer pour une frustrée, justement.
Bien non, je n’étais pas frustrée en regardant la rivière, car j’avais pris la décision de profiter de mon séjour seule, puisque, de toute évidence j’étais seule. Pas évident de faire l’apprentissage de l’émotion au moment présent pour être soi-même dans la relation. J’ai besoin de recul pour voir claire et sortir de cette confusion créée par les événements.
Il y a eu plusieurs échanges qui m’ont permis de voir que je me suis mise dans la gueule du loup. À mon triste regret, je me suis laissé prendre à mes propres pièges de paroles qui me charmaient suite à son arrivé qui ont fait en sorte que je me suis perdue de vue. Je ne tiens pas ici à en énumérer la totalité. Je peux vous dire, par contre, que je m’en suis voulu en retournant la colère à mon égard. Ce que je connais très bien d’ailleurs dans mon fonctionnement de prendre la totalité du blâme sur mes épaules.
Suite à un échange par courriel à notre retour, j’ai appris qu’il avait pris en note, voilà trois mois, une parole échangée suite à notre souper de l’automne concernant une rencontre qu’il devait entreprendre avec une femme de sa région.
J’avais dis que j’étais jalouse de constater qu’il pouvait choisir entre deux femmes et que moi je resterais ici. Je n’en reviens pas de constater que ces paroles n’aient pas été éclairées par une communication clarifiant mes propos. Ce qu’il a fait, c’est qu’il m’a partagé avoir préféré me tenir à distance depuis trois mois d’échange par courriel malgré qu’il me raconte toutes ses difficultés dans sa vie, son travail, sa famille. Il a gardé ce non-dit présent jusqu’aux moments où j’ai dit que je n’avais plus aucun intérêt à poursuivre la relation suite au non respect de sa parole après notre retour. D’autant plus que je sortais avec Jacques occasionnellement, que pour moi, ses paroles n’avaient aucun sérieux puisqu’il n’y avait rien d’engagé entre nous.
Il m’avait exprimé, durant notre rencontre, ses intentions pour créer un rapprochement entre nous. Pourtant, il a passé outre en ne respectant pas sa parole. Puisqu’il m’avait dit qu’il passerait lors de son retour. Naturellement, il s’est défilé en mentionnant qu’il n’avait fait aucune promesse. Ce qui lui a permis aisément de ne pas respecter sa parole. D’ailleurs lors de notre séjour, il m’avait fait part de sa crainte face au « Germaine ». En plus, il a cru que j’exigeais qu’il arrête, lors de son retour, et que je ne tenais pas compte de sa fatigue. Moi, qui ne fessait que constater son non arrêt lors de sa communication téléphonique, lui disant : je vois que tu n’arrêteras pas étant donné l’heure tardive.
J’avais déjà pris la décision avant son appel de ne pas poursuivre la relation constatant le non respect de sa parole. Ainsi que certain élément me permettant de percevoir les risques de poursuivre plus de l’avant.
J’ai pris le temps de démêlé mes confusions suite à quelques jours de réflexion, ce qui avait créé l’ensemble des « patterns » nous reliant, tels que sauveur-manipulateur.
Je me devais d’exprimer en toute confiance mes émotions. Seule, j’y arrive un peu en les nommant, en les ressentant seulement en relation avec mon thérapeute, j’arrive à sortir l’intensité des émotions tel que ma peine de ne pas être en mesure de m’épanouir en relation avec un homme. Ma honte ainsi que ma colère d’être prisonnière de nouveau du nœud qui ne me permet pas de m’épanouir dans une relation. Tout le savoir ainsi que toutes mes connaissances font en sorte que je ne suis pas en mesure de m’aimer en totalité pour m’épanouir pleinement. J’ai identifié et vue mes exigences face à moi-même pour mener à bien une relation m’en demandant plus que je suis en mesure de m’en donner à moi-même soit la compréhension, la compassion nécessaire face à mon fonctionnement.
Je suis fière de constater que je suis en mesure de m’éloigner aussi rapidement d’une relation néfaste pour moi. De cela, je suis bien contente.
Je ne sais pas si vous saisirez l’ensemble de mes propos sur la perte de ce copain qui, j’espérais, me guiderait progressivement vers une relation d’amour. Je me suis trompée.
J’ai choisi de mettre un terme définitif à cette relation.
* Germaine : mot populaire au Québec, qui permet de définir une personne qui gère et qui mène. Principalement alloué à la gente féminine.


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