Je viens de lire un article dans La Presse sur une nouvelle dépendance soit l’automutilation. Je ne peux faire autrement que de me mémoriser une impuissance intolérable lors d’observation face à une personne chère à mon cœur, voilà bien des années. Je suis bien contente que cette période soit derrière moi.
N’empêche que, malgré mon impuissance émotive intense, j’ai tout de même demandé à cette personne d’aller chercher de l’aide immédiatement. J’étais trop proche d’elle, affectivement, pour être en
mesure d’intervenir adéquatement, dépasser par mes propres émotions; j’avais moi-même besoin d’aide pour être en mesure de rester en relation avec elle. Je crois
qu’aujourd’hui cette personne a retrouvé la maîtrise de sa vie, puisque je la vois évoluer et s’épanouir. Ce qui confirme les propos de l’article qui mentionne l’appel à l’aide qu’exprime cette
pratique pour soulager l’intensité de leur émotion.
Cela est juste, le constatant de plus en plus dans mon milieu de travail, tel que présenté dans cet article. Cela arrive justement au moment choisi par l’équipe, pour faire une réflexion sérieuse
afin d’identifier nos limites personnelles ainsi que les outils à notre disposition pour intervenir adéquatement auprès des femmes.
Le principal est de ne pas les blâmer ou de ne pas les culpabiliser. Ce n’est pas un signe de folie, mais un signe de détresse. L’automutilation est un appel à l’aide. Cela à un sens, trouvons-le. Tout comme toutes autres substances tels l’alcool, la nourriture, la dépense compulsive, la toxicomanie, etc.
Dans l’article souvent, les gens pensent qu’une personne qui s’automutile nourrit des idées suicidaires. C’est tout le contraire. « Oui, le taux de suicide est plus élevé chez les gens qui s’automutilent. Mais les jeunes ne le font pas avec l’intention de mourir. Ils cherchent un soulagement. La douleur physique soulage une douleur morale », précise le Dr Gauthier.
« Ça révèle quelque chose de notre époque, remarque néanmoins le Dr Gauthier. Pour soulager nos émotions, il faut une recette, une réponse rapide. »
Je trouve ce point très intéressant puisqu’il allie la société aux choix de nos jeunes, en réponse à nos agir en tant que société, en réponse à la motivation de l’urgence de tout notre fast-food.
« Ce sont des mots qui veulent tout dire : changer le mal de place. »
C’est une surdose d’émotions qui déclenche l’envie de se faire mal. « Ça part tout seul. Je ne peux pas m’en
empêcher », a expliqué une jeune patiente du Dr Wilkins à La Presse. « Je ne le regrette pas, car ça fait du bien », a confié une autre.
S’en sortir…
Je suis bien consciente que cela est important tout notre introspection en tant qu’intervenante sur cette problématique. Principalement parce que nous sommes des personnes qui ont à cœur notre réalité autant que la leur. L’acceptation de nos propres limites nous permet de mettre une structure pour être en mesure d’être en accord avec nos valeurs en temps qu’équipe pour avoir une meilleure relation avec les femmes. Cela nous permettra, lors de leur séjour, d’unir nos forces pour que la thérapie chemine sur les trois volets mentionnés par cette psychologue.
La thérapie peut prendre du temps, souligne la psychologue Shawna Atkins. D’abord, il faut déterminer quel but sert l’automutilation. « Nous travaillons trois volets, explique-t-elle. La prédisposition (passé, santé mentale), les éléments déclencheurs (chicanes, ruptures) et le fait que cela se répète (manque d’estime, de confiance). »
Chez nous, les femmes travaillent plusieurs outils pour arriver à exprimer leurs sentiments de différentes façons pour leur permettre de partir avec la confiance qu’il y a d’autres avenues que celles qu’elles avaient prises avant d’arriver chez nous.
Voir article de La Presse du 31 janvier 2008 d’Émilie Côté


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Je reconnais que tu dois être une des rares personnes qui n'a pas l'avis de tout le monde à ce propos, et qui ose dire " mutilation n'est pas égal à suicide "
Merci. Je te suis infiniment reconnaissante.
j'en ai tellement marre des gens qui pensent cela.
Par contre, je ne crois pas que les jeunes choisissent l'automutilation parce que c'est dans le courant de la société. Ok, internet et Amy W. et tous les trucs récents font que ca devient " un phénomène presque de mode " comme à pu l'être le phénomène Ana à une époque.
Mais, pour ma part, je dirai pas que je me suis mutilée parce que c'était conforme à cette idée de la société d'obtenir tout et tout de suite.
J'ai " choisi " cela parce que c'est la seule chose à laquelle ma mère n'a jamais pris la peine de me mettre en garde. Elle m'a dit que son plus grand malheur serait que je sois droguée ou anorexique, et s'inquiétait que j'apprécie l'alcool à mon âge. Mais, ca c'était pas interdit. Et c'était la seule chose pour laquelle elle ne se serait jamais inquiétée car elle n'y aurait jamais pensé. D'ailleurs, comment imaginer que son enfant ce fait du mal ?
Si ca arrivait à mes enfants, je crois que je serai surprise, même si je suis passé - je passe - par là...
" quand tu dis " chez nous " c'est où ? "
A disposition sur Paris, je sais qu'il y a les centres psy pour étudiants, et la Maison Solenne... Le reste est bien trop cher et pas abordable pour les adolescents ou étudiants qui souffrent. Et la peur d'un enfant mineur est de se retrouver interner parce que les autres diraient qu'on est fou.
Enfin c'était ma vision de l'époque.