Mercredi 17 octobre 2007
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J’ai eu des nouvelles de ma sœur hier. Elle est en congé médical pour deux semaines, suite à un surplus de travail qui la exténuée, ce qui a occasionné un retrait du travail.
Elle a été dirigée vers une psychologue en milieu de travail.
Elle me mentionne qu’on a établi le lien entre le rôle qu’elle jouait dans la famille ce qui se transpose automatiquement dans le milieu du travail. Elle n’en revenait pas de
constater que tout nous ramène à notre système familial.
Je riais de voir qu’elle était confrontée à cette réalité dont je connais si bien le fonctionnement étant dans le domaine. Mon rôle à moi n’est pas exempt du rôle que j’avais
dans ma famille. Je lui faisais remarquer que j’avais été la plus proche de notre frère pour l’entendre dans sa détresse lors de son hospitalisation de cet été. D’ailleurs, il a reconnu mes
forces d’écoute et mon accueil. Cela est plutôt rare d’être reconnu par sa famille. Cela a été un moment nourrissant pour moi d’être enfin reconnue pour mes forces, car auparavant je
n’ai jamais ressenti que cela avait de l’importance pour lui mon intérêt pour la relation d’aide.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, je me sens vidée suite à quatre jours d’activités entre les réunions, le travail en maison de thérapie, les clients, le téléphone pour
l’organisation de la conférence dont je dois m’occuper en Montérégie.
De plus, lors de la réunion, il y a eu un point qui a créé de la tension. Je suis devenue le bouc-émissaire d’une consœur qui est en souffrance, présentement. Pas facile pour moi
d’être le déclencheur d’une souffrance intérieure pour une autre personne. Je trouve cela difficile d’accueillir l’intensité d’un chagrin, lorsque je vois une personne vouloir rallier le
groupe contre moi me pointant comme la méchante. L’impuissance que je ressens à ce moment-là, coincée devant tout le groupe, me fait un peu paniquer par son intensité. Il devient, pour moi,
difficile d’assumer ma différence, me sentant coupable d’exister en affirmant ma vision de ce que je souhaite retrouver dans notre groupe.
J’ai dû, samedi dans la nuit, écrire beaucoup pour me libérer de mon vécu, pour voir clair en moi. J’étais même prête dans mon fonctionnement impulsif, à me retirer des
réunions pour ne plus m’exposer de nouveau à cette situation qui devient répétitive depuis cinq réunions. J’ai eu besoin d’en parler autour de moi pour être éclairée de ma part de
responsabilité dans ce que je vis. Une consœur, en maison de thérapie, m’a permis de voir comment je m’excluais rapidement par inconfort au lieu de m’occuper de mon besoin. Oups! Quand
j’ai les tripes centrées sur mes tripes, j’ai besoin d’une autre personne pour me permettre de prendre mes distances et ne pas me saboter moi-même. Je suis bien contente d’être bien entourée
de personne qui me permette de ne plus me saboter comme cela était fréquent pour moi auparavant.
J’ai fait une demande à la présidente du groupe que lors de notre prochaine réunion en janvier, un médiateur soit parmi nous, car, d’après ce que j’ai entendu hier, lors d’une
autre réunion où certains membres font partie des deux groupes, personne ne peut se permettre de faire voir à cette personne, qu’elle a le devoir de s’occuper de sa souffrance, qu’elle projette
sur une personne ou une autre dans le groupe. Notre situation ne nous le permet pas puisqu’elle est une de nos consoeurs. Cela demande une délicatesse, car elle est présentement dans un nœud
émotionnel. Seule une personne extérieure à nous pourrait se permettre de lui verbaliser et de l’inciter d’aller en régulation ou en thérapie.
De mon côté, cela me permet de m’occuper de mes besoins de façon plus mature que la petite fille qui « garroche » tout pour passer à autre chose. Je n’ai pas le goût
de blâmer la situation, où une personne pour prendre une décision. Si je choisis un jour de me retirer, la raison en sera que cela ne répondra plus à mes besoins personnels du moment.
Je réalise aussi que, depuis que j’ai décidé de m’orienter vers une recherche de l’emploi pour me joindre à une équipe de travail, je sens une angoisse, face au fait de retourner
dans un milieu dont je suis depuis longtemps éloignée. Je dois, par le fait même, faire le deuil de ce que j’aime dans ma situation de travailleuse autonome. Je me sens un peu
déboussolée, j’ai remis aujourd’hui ce que j’avais prévu à mon agenda comme démarche. Je me vois tourner en rond pour retarder mes appréhensions de la situation.
J’ai pris rendez-vous demain pour aller rencontrer mon thérapeute, j’ai besoin de libérer ce qui est enfoui pour libérer mes blocages suite à ma décision.
Bien oui! Une thérapeute se doit à des régulations, à des supervisions, des thérapies pour se libérer comme chacun d’entre vous tous de ses blocages qui nuisent à son
épanouissement. J’ai besoin d’être accueillie dans ma totalité tout comme vous tous.
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