Il
n'existe pas de mode d'emploi du parfait proche en cas d'épreuve. Unanimement, les intervenants que nous avons rencontrés conviennent qu'un choc, qu'il soit causé par la perte d'emploi, la
maladie ou la mort, amène, à certains niveaux, la même détresse. Voici des pistes à suivre pour aider.
Phrases à dire
«Je suis là.»
«Je ne te laisserai pas tomber.»
«As-tu envie de me voir aujourd'hui?»
«Qu'est-ce que je peux faire pour toi?»
«Ce qui t'arrive me touche beaucoup. C'est très triste et ça me fait de la peine.»
«Tu as le droit d'avoir de la peine, c'est très douloureux ce que tu vis.»
Après un décès: «Il va nous manquer à nous aussi.»
Et, en cas de malaise: «J'ai peur de te blesser par une phrase maladroite. Je suis mal à l'aise avec ta souffrance.»
À ne pas dire
«Je comprends.» Même après avoir vécu un drame similaire, personne ne peut se mettre exactement à la place d'un proche.
«Je sais ce que tu ressens.» Chaque personne a son cheminement personnel face à une épreuve.
«Les médecins savent ce qu'ils font.» Dans le cas d'une personne malade ou d'un parent au chevet de son enfant, la perspective que tout n'est qu'une histoire de médecine est effrayante. Ils
doivent sentir qu'ils peuvent remettre en question les gestes des spécialistes.
«Tu vas t'en sortir, tu es fort.» Cette phrase envoie le message au proche qu'on ne veut pas l'entendre nous parler de sa souffrance, de ses faiblesses, explique Mélanie Samson.
«Ce n'est pas normal que tu ne veuilles pas parler de ce qui t'arrive. Allez, parle-moi!» Il faut savoir ouvrir la porte, mais ne rien brusquer, ajoute Mme Samson.
«Ça fait deux mois maintenant, ça doit aller mieux!»
«Cette épreuve va renforcer votre couple.»
«N'y pense plus, tu te fais du mal pour rien.»
Après une fausse couche ou une interruption de grossesse: «Au moins tu peux avoir des enfants. Tu en feras un autre.»
À faire
Garder le silence au moment opportun.
Savoir regarder l'autre pleurer.
Cuisiner des plats à congeler.
Suggérer de faire l'épicerie.
Proposer de faire la lessive pendant quelque temps.
Garder les autres enfants de la famille, s'il y a lieu, afin de permettre aux parents de se retrouver entre eux. Laisser une grande autonomie à la personne éprouvée. Elle vit un drame, mais elle
veut pouvoir s'occuper d'elle-même aussi.
Souligner les anniversaires après un décès. Un message et un «bonjour, je pense à toi» suffisent généralement.
Parfois l'aide des proches ne soulage pas la personne éprouvée. Il arrive que l'aide d'un professionnel soit nécessaire.
Articles de Isabelle Audet dans La Presse, 08-02-22, Actuel, p. 2
Sources: Nago Humbert, docteur en psychologie médicale et directeur de l’unité mobile de soins palliatifs pédiatriques de l’hôpital Sainte-Justine: Mélanie Samson, conseillère à la ligne Cancer j’écoute, et www.petiteemilie.org, un site de soutien aux femmes ayant subi une interruption médicale de grossesse.






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